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L’École de Gaza entre Antiquité et Modernité :

une réalité vivante

 

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Aux Ve et VIe siècles, Gaza, cité à la croisée des civilisations, pour reprendre le titre d’un ouvrage récent (Gaza à la croisée des civilisations, I. Contexte historique et archéologique, Neuchâtel-Genève, 2007), a vu fleurir parmi la noblesse et les gens de lettres un extraordinaire phénomène de syncrétisme entre hellénisme et chrétienté. La réunion de ces deux réalités, apparemment inconciliables dans le giron de la rhétorique, à rattacher au plus vaste mouvement connu aujourd’hui sous l’appellation de Troisième Sophistique, a permis à la ville palestinienne, au sommet de son activité littéraire, de disputer à Athènes le rôle de capitale culturelle de l’empire. En effet, sur un fond de politique troublé par les menaces extérieures, les conflits d’ordre religieux, les guerres intestines ou les périls naturels, a émergé dans la ville et ses environs un espace privilégié de création atypique constitué de clercs, dignitaires et fonctionnaires impériaux, de poètes et d’érudits chrétiens, nourris aux mamelles de la Rhétorique antique dont les célèbres directeurs d’école, Procope et Chorikios, se faisaient les chantres et que K. B. Stark appela « L’école de Gaza » (K. B. Stark, Gaza und die philistäische Küste, Jena, 1852).

L’École de Gaza, donc, est un véritable mouvement littéraire qui s’esquisse, avec son institution, ses élèves, ses règles et ses « étoiles ». Un mouvement qui s’inscrit dans le continuum de l’histoire et s’érige non seulement en tant que mémoire du glorieux passé d’Athènes mais en tant que témoin du présent de l’empire proto-byzantin. Un mouvement qui reflète les grandes questions théologiques, philosophiques et morales autant que les préoccupations quotidiennes des Gazéens. Un mouvement, enfin, qui mérite, dans les études historiques et littéraires, ses lettres de noblesse.

Ces dernières années ont vu naître un intérêt croissant pour l’École de Gaza : archéologues, historiens et philologues n’ont de cesse de réexaminer le grand nombre d’informations que les auteurs  anciens ont laissé dans leurs œuvres, qu’accroît encore, entre autres, la découverte de manuscrits inédits. En 2004, B. Bitton-Ashkelony et A. Kofsky éditèrent un recueil de treize contributions visant à dresser un tableau vivant de l’histoire de la cité de Gaza tardo-antique, notamment de son histoire chrétienne (B. Bitton-Ashkelony et A. Kofsky [éd.], Christian Gaza in Late Antiquity, Leiden-Boston, 2004). Trois colloques sur l’état de la question ont également été organisés : le premier a été tenu à Poitiers (6-7 mai 2004), sous la direction de C. Saliou (Gaza dans l’Antiquité Tardive. Archéologie, Rhétorique, Histoire. Actes du colloque international de Poitiers (6-7 mai 2004), édités par C. Saliou, Salerno, 2005) ; un deuxième a été organisé par E. Amato, A. Corcella et D. Lauritzen à Paris, au Collège de France (23-25 mai 2013) ; le troisième a eu lieu à Nantes (6 juin 2014) sur l’initiative de E. Amato, M. Deroma et L. Thévenet (Discorso pubblico e declamazione scolastica a Gaza nella tarda antichità : Coricio di Gaza e la sua opera. Atti della giornata di studio, Nantes 6 giugno 2014, a cura di E. Amato, L. Thévenet, G. Ventrella, Bari, 2014). Récemment, la publication de l’œuvre complète de Procope de Gaza dans la « Collection des Université de France » ouvrit un vaste chantier d’investigations comprenant notamment l’édition française du corpus de Chorikios pour la même collection et soutenue par l’Institut Universitaire de France. Cette entreprise s’ajoute aux recherches en cours sur les différents aspects de l’École de Gaza et les divers auteurs qui l’animent, comme Jean, Énée, Timothée et les moines du désert dont le rôle n’est de loin pas négligeable.

Actuellement une équipe de recherche internationale, sous l’égide d’E. Amato (Université de Nantes et Institut Universitaire de France) et A. Corcella (Università della Basilicata), composée de membres, professeurs initiés et doctorants, partagent leur enthousiasme et leurs compétences spécifiques afin de combler les lacunes qui empêchent encore d’embrasser intégralement ce mouvement culturel. Parrainé par l’Institut Universitaire de France, l’Université de Nantes dont le Laboratoire EA 4276 L’antique le Moderne (L’AMo) et la Région des Pays de la Loire, le collectif s’attache notamment à faire connaître l’École de Gaza par la mise sur pied de colloques et de journées d’études et à faire connaître l’avancement de la question par le biais de publications d’articles et de recueils d’actes relayés et réunis sur un site internet spécialisé.

Le site internet « ecoledegaza.fr » est le premier site officiel sur l’École de Gaza. Soutenu par l’Institut Universitaire de France, conçu et administré par des membres de l’équipe de recherche, il se veut être un moyen de diffusion élargie, sans cesse actualisé, de l’état de la recherche : biographies, listes de manuscrits, prosopographie, bibliographies mises à jour et téléchargements de documents sont à disposition moyennant un code d’accès.  Ce site a en outre la motivation de refléter les aspirations et la passion de l’équipe que vous pouvez découvrir sur la page membres. Ce site constitue également une plateforme dynamique d’échanges entre chercheurs de tous pays. Dans ce but, un formulaire de contact est mis à votre disposition pour nous faire part de vos expériences, recherches, découvertes et suggestions.

Enfin, l’École de Gaza est ouverte à tous : amateurs, passionnés de littérature, d’histoire et curieux, les administrateurs vous souhaitent une belle et enrichissante navigation !